Les premières sélections officielles du Festival de Cannes font une nouvelle fois la part belle aux productions de la Fédération Wallonie-Bruxelles, à commencer par le nouveau film, très attendu, de Joachim Lafosse, " A perdre la raison", retenu dans la section Un Certain Regard.
Pas moins de 6 (co)productions belges, dont 3 soutenues par le Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel, figurent dans la sélection officielle du Festival de Cannes dévoilée ce matin à Paris. Au premier rang desquelles figure le nouveau film de Joachim Lafosse, " A perdre la raison", produit par la société liégeoise Versus Production, ainsi que le film de Jacques Audiard " De rouilles et d’os", coproduit par Les Films du Fleuve, la société de production des frères Dardenne. Le Centre du Cinéma est également intervenu dans la production du film du réalisateur marocain Nabil Ayouch "Les chevaux de Dieu", présenté dans la section Un Certain Regard.
" À perdre la raison" de Joachim Lafosse À Un Certain Regard
Déjà remarqué à la Quinzaine des Réalisateurs ("Elève libre", 2008), Joachim Lafosse retrouve le Festival de Cannes, cette fois en sélection Un Certain Regard. "A perdre la raison" met en scène Emilie Dequenne, Tahar Rahim et Niels Arestrup. Produit par Versus Production et soutenu par le Centre du Cinéma et de l'Audiovisuel, "A perdre la raison" sortira en Belgique le 30 mai (O'Brother) et en France le 5 septembre (Les Films du Losange). Les Films du Losange se chargent par ailleurs des ventes internationales.
Murielle et Mounir s’aiment passionnément. Depuis son enfance, le jeune homme vit chez le Docteur Pinget, qui lui assure une vie matérielle aisée. Quand Mounir et Murielle décident de se marier et d’avoir des enfants, la dépendance du couple envers le médecin devient excessive. Murielle se retrouve alors enfermée dans un climat affectif irrespirable, ce qui mène insidieusement la famille vers une issue tragique.
…Tout comme "Les chevaux de dieu" de Nabil Ayouch
" Les Chevaux de dieu", le dernier long métrage du cinéaste marocain Nabil Ayouch, figure également dans la liste des sélectionnés. Lors du Festival de Cannes 2010, le réalisateur avait déjà décroché un vif intérêt de la part des professionnels lorsqu’il a présenté son projet dénommé alors "Les Etoiles de Sidi Moumen" dans le cadre de "L'Atelier" de Cinéfondation. Produit par Alligator avec l’aide du Centre du Cinéma et de l'Audiovisuel, " Les Chevaux de dieu" est une adapation du roman de Mahi Binebine, inspiré des attentats-suicide de mai 2003 à Casablanca.
Yassine a 10 ans lorsque le Maroc émerge à peine des années de plomb. Sa mère, Yemma, dirige comme elle peut toute la famille. Un père dépressif, un frère à l'armée, un autre presque autiste et un troisième, Hamid, petit caïd du quartier et protecteur de Yachine. Quand Hamid est emprisonné, Yachine enchaîne les petits boulots. Pour les sortir de ce marasme où règnent violence, misère et drogue, Hamid, une fois libéré et devenu islamiste radical pendant son incarcération, persuade Yachine et ses copains de rejoindre leurs "frères". L'Imam Abou Zoubeir, chef spirituel, entame alors avec eux une longue préparation physique et mentale. Un jour, il leur annonce qu'ils ont été choisis pour devenir des martyrs…
"De rouille et d'os" de Jacques Audiard en compétition officielle
"De rouille et d’os", nouveau film de Jacques Audiard, coproduit par les Films du Fleuve (Luc et Jean-Pierre Dardenne) et soutenu également par le Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel, concourra quant à lui en Compétition Officielle. Très attendu, après "Un prophète" qui avait remporté le Grand Prix en 2009, le film est interprété notamment par Bouli Lanners, Matthias Schoenaerts et Marion Cotillard.
Ali se retrouve avec Sam, 5 ans, sur les bras. C’est son fils, il le connaît à peine. Sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa sœur à Antibes. Là-bas, c’est tout de suite mieux, elle les héberge dans le garage de son pavillon, elle s’occupe du petit et il fait beau. A la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, son destin croise celui de Stéphanie. Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone. Il est pauvre ; elle est belle et pleine d’assurance. C’est une princesse. Tout les oppose. Stéphanie est dresseuse d’orques au Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au drame pour qu’un coup de téléphone dans la nuit les réunisse à nouveau. Quand Ali la retrouve, la princesse est tassée dans un fauteuil roulant : elle a perdu ses jambes et pas mal d’illusions. Il va l’aider simplement, sans compassion, sans pitié. Elle va revivre.
Sans oublier les derniers Mungiu, Loach et Delepine-Kerven
Toujours aussi inspirés dans leurs choix éditoriaux et artistiques, les frères Dardenne alignent avec leur partenaire français deux autres films en Compétition Officielle : "The Angels’ Share/La part des anges" du réalisateur britannique Ken Loach et " Beyond The Hills" du cinéaste roumain Cristian Mungiu, lauréat de la Palme d’Or en 2007 avec « 4 mois, 3 semaines, 2 jours ». Enfin, Benoit Delépine et Gustave Kerven, les plus belges des réalisateurs français, amèneront sur la Croisette Benoît Poelvoorde, Yolande Moreau et Brigitte Fontaine pour une comédie totalement déjantée intitulée " Le grand soir", coproduite en Belgique par Panache Production et présentée dans la section Un Certain Regard.
Les sélections de la Quinzaine des Réalisateurs et de la Semaine de la Critique seront connues respectivement les 23 et 24 avril prochains.
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